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Combien de temps vais-je encore pouvoir exercer mon travail ?


 


Combien de temps vais-je encore pouvoir monter l’aspirateur, marche par marche, jusqu’au second étage, me baisser pour épousseter, me tordre pour atteindre habilement les recoins, me cogner les membres simplement parce que je voulais aller vite, porter les poubelles jusqu’au container, me mettre à genoux pour nettoyer la douche, plonger mes mains dans les cuvettes des WC, monter sur l’escabeau pour faire les vitres ou les lustres (je vais finir comme Odile, dans le film Tatie Danielle) et j’en passe !

 

         Souvent lorsque l'on me demande quand je vais arrêter de travailler, je réponds: « le jour où l’aspirateur m’entraînera ! ». C'est rimbaldien, n'est-il pas?

 

         Mon corps est mon outil de travail, j’essaie d’en prendre soin. Parfois, je l’économise en essayant de lui imposer des gestes plus doux. Il doit effectivement être opérationnel pour la journée, je lui en demande souvent beaucoup, j’en suis consciente…mais ais-je vraiment le choix? Je me désole de devoir lui infliger cela... il n'est pas rare qu'il me rappelle à l’ordre : les douleurs apparaissent (le dos, les jambes) ou tout simplement une grosse fatigue.

Le matin, l’énergie est présente. J’exécute les tâches les plus ardues facilement, même si, dans la matinée « le coup de barre » se fait souvent ressentir. Je pétarade dans tous les sens, l’aspirateur vrombit, et la serpillière s’envole !

  L’heure de midi arrive généralement en un clin d’œil. Je suis toujours dans les temps, avec, de temps en temps, des demandes de dernières minutes. Je fais en sorte que cela reste exceptionnel. Le déjeuner est souvent vite avalé: 15 minutes dans ma voiture : j'opte pour un repas léger. J’ai besoin de rester dynamique et alerte.

Peu de temps après, je sens que la fatigue pointe le bout de son nez. Exit la sieste méridienne, je dois garder le rythme. Et, sans grande surprise, les après-midis paraissent toujours plus longues. Je suis moins réceptive, d’autant que si je fais du repassage la chaleur du fer m’envahit. Coup de pompe assuré !

 

         Mon mental est là mais mon corps commence à se dérober. Pour ma part, j’essaie de ne pas dépasser 6 heures de ménage par jour, par respect pour mon corps.

 

         Quelquefois la journée se prolonge le soir, à mon domicile, je ramène des bannettes de repassage. Dans ce cas, je ne regarde pas l’horaire mon dos est mon baromètre. Il me rappelle intelligemment que le temps de travail est suffisant pour lui.

          Pour m’encourager, j’adopte la technique suivante, je compte le nombre de morceaux, je fais des piles de sept. Il n'est pas rare que je sois découragée par l'immensité de la tache. Aurais-je fini à temps ? Quid de ma soirée?

         Tout dépend du type de vêtements. Les tee-shirts, par exemple, ne prennent pas beaucoup de temps, Le plus fastidieux, pour moi, ce sont les chemises. J’imagine que vous voyez de quoi je parle ! Je les mets de côté, je les fais en dernier surtout quand la quantité est importante (entre 15 et 20 parfois).

         Ce n’est pas rare alors que je termine vers 22h30.

         C’est ainsi, j’assume ma mission du mieux possible !

 

         J’apprécie ce travail de service à la personne, mais, je me garde le droit et même le devoir de prendre une disponibilité, lorsque j’en ressens le besoin. J’ai toujours essayé de respecter mon corps, de le protéger. Il est primordial de faire attention à adopter une bonne hygiène de vie et des postures qui ne martyrisent pas le dos, les articulations. Porter l’aspirateur, le sceau plein d’eau, les poubelles, se servir tout le temps de la même main peut amener à un déséquilibre corporel !

         Oui je suis consciente de ma chance : mon corps m’obéit encore, il n’est pas trop déformé, ni douloureux du fait de l’arthrose.

          J’ai des collègues qui, très jeunes, souffrent de douleurs dans les membres supérieurs ou inférieurs, surtout si elles sont en surpoids. Elles doivent alors se mettre en repos maladie.

 

Combien de temps pourront-elles encore pratiquer ce métier ?

        

  Prendre soin de son corps psychologiquement et physiologiquement en avoir l’élan, en avoir les moyens ? Est-ce encore un tabou, est-ce l’apanage des classes aisées ?

          Le salaire d’une femme de ménage ne permet pas de faire des dépenses outre mesure. Aussi, s’offrir des moments de bien-être, de soin ou culturels n’est pas si simple ! Avez-vous déjà rencontré une femme de ménage à l’opéra ou au théâtre ?


La suite au prochaine épisode !

        

Soyez doux avec vous-mêmes d'ici là.

 

“Le corps est le temple de l'esprit” - Platon.


Lavoir de Saint-Emilion - Témoin du passé.
Lavoir de Saint-Emilion - Témoin du passé.

 

 

 

        

        

 
 
 

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